Biopics musicaux : rock, chute et rédemption

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Quelques recettes classiques du biopic musical

Cadillac Records

Cadillac Records

Les ouvrages sur l’histoire du rock expliquent souvent que l’expression « rock ’n’ roll » vient d’un DJ qui l’aurait lancée à la radio, de façon spontanée et avec une connotation sexuelle, en passant un morceau de Chuck Berry. Avant l’apparition du terme, les musiciens jouaient du blues. Parmi les meilleurs figuraient Muddy Waters, Little Walter, Howlin’ Wolf, Etta James et Willie Dixon, signés chez Chess Records, fondé par Leonard Chess. Il a fait entrer en studio des musiciens et des chanteurs issus des quartiers populaires, leur a permis de réussir et de s’acheter une Cadillac.

Les artistes de cette génération « préhistorique » du rock étaient directs et sans détours. Ils ne cherchaient pas à devenir des vedettes pour le principe. La musique leur promettait surtout beaucoup d’argent et une nouvelle Cadillac : c’était le rêve américain.

Crazy Heart

Crazy Heart

Même après une carrière glorieuse, un artiste peut perdre l’inspiration et voir son talent décliner avec l’âge. Une jeunesse turbulente peut laisser place à la solitude et à l’épuisement. Adapté d’un roman, ce film à petit budget n’a ni scènes spectaculaires ni intrigue compliquée. La musique country accompagne lentement un délicat portrait intérieur qui serre le cœur : ce qui nous fait le plus peur n’est pas la solitude, mais de vieillir sans personne sur qui compter.

Le fils prodigue qui revient à la famille, partout, incarne la valeur dominante la plus sûre.

Gainsbourg (vie héroïque)

Gainsbourg (vie héroïque)

Le titre peut étonner : comment un artiste qui n’a ni combattu à la guerre ni sauvé des vies peut-il être un « héros » ? En un sens, on peut dire qu’il est ordinaire. Mais dans l’art, toute transformation de la tradition exige un courage héroïque, surtout lorsqu’elle suppose de se renier et de se révolter contre soi-même.

Ce film sort du moule habituel du biopic. Il mêle réalité et fiction et utilise la bande dessinée pour montrer les tourments intérieurs de Gainsbourg. Le grand visage qui le poursuit symbolise à la fois les préjugés liés à son identité juive et sa propre perception de lui-même. C’est précisément l’image dont il voudrait se débarrasser et qu’il cherche à détruire.

Gainsbourg a dépassé la réalité ordinaire. Son excentricité lui permettait de vivre dans un monde plus déroutant et plus artistique, que même les Français les plus romantiques ne comprenaient pas tous. Les artistes d’avant-garde ouvrent des chemins sans les diriger ; ils influencent les autres artistes.

Marley

Marley

Sans Usain Bolt, « l’homme le plus rapide du monde », bien des gens ne sauraient pas où se trouve la Jamaïque. Sans Bob Marley, il y a trente ans, beaucoup n’auraient même pas su que ce pays existait. Né dans un bidonville d’un pays pauvre, Marley n’avait que la musique. Par le reggae, il a contribué à empêcher son pays de se déchirer, encouragé les mouvements d’indépendance en Afrique et propagé dans le monde l’idéal de « paix et d’amour ». Ce documentaire raconte sa courte et légendaire vie, qui dura trente-six ans.

Bob Marley semblait toujours joyeux, car le reggae donne envie de danser dès les premières notes. Il croyait que la musique, l’amour et la tolérance pouvaient unir les gens pacifiquement. À son époque, il n’était pas le seul « rêveur ». Aujourd’hui, croit-on toujours à ce rêve ?