Le Rêve d’Henri Rousseau

The Tyger
William Blake (1757–1827)

Tyger ! Tyger ! Burning bright
In the forests of the night !
What immortal hand or eye
Could frame thy fearful symmetry ?

In what distant deeps or skies
Burnt the fire of thine eyes ?
On what wings dare he aspire ?
What the hand dare seize the fire ?

And what shoulder, & what art
Could twist the sinews of thy heart ?
And when thy heart began to beat,
What dread hand, & what dread feet ?

What the hammer ? What the chain ?
In what furnace was thy brain ?
What the anvil ? What dread grasp ?
Dare its deadly terrors clasp ?

When the stars threw down their spears,
And water'd heaven with their tears,
Did he smile his work to see ?
Did he who made the lamb make thee ?

Tyger ! Tyger ! Burning bright
In the forests of the night !
What immortal hand or eye
Dare frame thy fearful symmetry ?

La traduction chinoise de Bian Zhilin, retraduite ici

Tigre ! Tigre ! feu éclatant,
tu embrases les forêts de la nuit ;
quelle main et quel œil extraordinaires
ont pu façonner ta terrible symétrie ?

Quels abîmes lointains, quelles cimes
ont allumé le feu dans tes yeux ?
Quelles ailes ont osé s’élancer ?
Quelle main de fer a saisi le feu ?

Quel savoir-faire, quels bras puissants
ont tordu les fibres de ton cœur ?
Lorsque ton cœur s’est mis à battre,
quelles mains et quels pieds terrifiants ?

Quel marteau ? Quelle chaîne ? Quel four
a forgé la moelle de ton cerveau ?
Quelle enclume ? Quelle force a saisi
et contenu ce tonnerre redoutable ?

Enfin, les étoiles ont jeté leurs lances,
le ciel s’est lavé de leurs larmes.
L’œuvre achevée, le créateur a-t-il souri ?
Est-ce la même main qui a créé l’agneau ?

Tigre ! Tigre ! feu éclatant,
tu embrases les forêts de la nuit ;
quelle main et quel œil extraordinaires
ont osé façonner ta terrible symétrie ?

(Traduit en chinois par Bian Zhilin ; cette version française suit le texte chinois.)

Note de la rédaction : il existe aussi des traductions chinoises de Guo Moruo, Xu Zhimo et d’autres. Vous pouvez les comparer. À mon avis, la version de Bian Zhilin tient compte avec soin des rimes et du rythme. Elle reste fidèle au poème tout en conservant sa beauté sonore et sa fougue.