Que fait un littéraire au Maker Faire ?

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Que faisait un jeune littéraire dans un salon technologique ?

Le jour de la fête des Pères, Finikzine — un média culturel qui se fait passer pour un média techno — est allé de Canton à Shenzhen visiter le Maker Faire. J’ai publié quelques photos sur mon fil d’actualité et reçu beaucoup de « j’aime », mais un ami m’a demandé : « Toi, le littéraire, qu’est-ce que tu vas faire à un événement technologique ? »

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Je n’ai pu que hausser les épaules. Enfant, j’ai participé aux olympiades de mathématiques et d’informatique, mais cela ne m’a pas mené bien loin. À l’université, j’ai étudié la littérature — et même la littérature française… Mais je m’égare. Qu’allais-je faire là-bas ? Commençons par voir ce qu’est le Maker Faire. Voici la présentation de l’événement :

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Organisé par le magazine américain Make, le Maker Faire est le plus grand rassemblement DIY au monde. C’est une scène pour les idées, l’innovation et la créativité, une célébration de la culture Maker et une fête de week-end à vivre en famille.

Les exposants peuvent présenter leurs idées techniques, leurs services ou leurs produits, faire connaître les innovations au grand public, rencontrer des consommateurs, voire trouver des investisseurs ou des partenaires commerciaux.

Les visiteurs peuvent vivre une expérience familiale différente, tandis que les expositions intéressent les makers comme les créatifs. Les artistes et les jeunes littéraires peuvent y suivre les tendances et devenir des précurseurs culturels. La technologie ouvre les horizons et permet de découvrir des projets DIY en art, artisanat, science, ingénierie et musique.

Le Maker Faire s’adresse donc à toute la famille. L’un de ses publics importants est formé par les « artistes et jeunes littéraires » — autrement dit, les jeunes branchés sur la culture.

Qu’y ont vu les jeunes littéraires ?

Si les jeunes littéraires peuvent « suivre les tendances et devenir des précurseurs culturels », quelles sont ces tendances ? D’après ce que j’ai vu, les stands se répartissaient en plusieurs grandes catégories :

  • Maison connectée et services cloud : Intel, ARM, Qualcomm, Microsoft, Texas Instruments, Freescale et d’autres géants de l’informatique présentaient tout, des puces et modules de communication aux plateformes logicielles et produits connectés. La photo ci-dessous, c’est juste pour photographier le robot. Hum.

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Ils viennent nous prendre nos emplois de traducteurs — Microsoft, c’est vraiment méchant !

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  • Robots : ils étaient au cœur de l’événement.

Le concours de combats de robots était évidemment un temps fort.

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Des robots qui font les mignons

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Le petit robot ci-dessous s’appelle Rapiro. On peut l’acheter, l’assembler soi-même et le programmer ; il fonctionne avec un Raspberry Pi.

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Il y avait aussi des bras robotisés pour l’industrie.

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Un beau Japonais montre une prothèse de bras contrôlée par les mouvements musculaires, détectés par des capteurs attachés à l’avant-bras.

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  • Impression 3D : il y en avait beaucoup. La plupart des stands vendaient des imprimantes 3D pour plastique, mais certaines imprimaient le métal et même des moules. C’était impressionnant ; je ne savais toutefois pas si les pièces métalliques et les moules pouvaient égaler le moulage traditionnel et l’usinage CNC. (Après mes études, j’ai travaillé cinq ou six ans dans la fabrication de moules et l’import-export de produits industriels ; je m’y connais un peu.)

  • Drones : de nombreux fabricants étaient présents. La marque la plus connue était évidemment DJI !

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  • Collectifs de makers, incubateurs et sites de financement participatif : on trouvait notamment l’organisateur, Chaihuo Maker Space, et Seeed Studio, fournisseur de matériel open source. Il y avait aussi des parcs d’incubation et une plateforme O2O agricole innovante. Quelques fabricants en reconversion se présentaient comme des incubateurs, mais rachetaient en réalité des idées.

  • Médias techno et autres makers : par exemple Guokr, très apprécié du public, ainsi que Xin Youren, un groupe spécialisé en psychologie dont le fondateur, keledoll, est un ancien de l’université Sun Yat-sen.

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Pourquoi les créatifs devraient-ils s’intéresser à l’innovation technologique ?

Le philosophe français Bruno Latour disait :

Il n’y a jamais eu de période artistique où les artistes n’aient pas utilisé les technologies scientifiques les plus avancées, qu’il s’agisse des instruments optiques du XVIIe siècle ou de la projection et des miroirs au XIXe. Un artiste indifférent aux évolutions techniques de son époque ne peut pas être un très bon artiste.

Pensons au monde d’avant la séparation entre sciences et lettres. Parmi ses figures brillantes, on trouvait Mozi, Zhang Heng, Shen Kuo, Léonard de Vinci et Benjamin Franklin. Aujourd’hui, les disciplines sont si spécialisées qu’il est rare de devenir un polymathe ou un « homme de la Renaissance ». Mais pour un créatif qui vit de ses idées, mieux connaître les innovations technologiques et réfléchir plus largement avec les sciences humaines peut susciter de nouvelles idées artistiques et ouvrir d’autres façons de s’exprimer.

Voici aussi ce que disait le grand Kevin Kelly :

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Imaginons que le piano n’ait pas encore été inventé à l’époque de Mozart, ou que Van Gogh ait vécu à une époque où la peinture à l’huile coûtait une fortune. Chaque jour, des enfants très doués naissent, mais la technologie qui leur permettrait de s’exprimer n’existe peut-être pas encore. Nous avons le devoir d’inventer ce qui n’a pas encore été inventé.

Aider chacun à trouver la technologie qui lui permettra d’exprimer son talent, voilà le rôle le plus positif de la technologie.